Guide pratique · DPGF

DPGF : définition, contenu et exemple

Comprendre la décomposition du prix global et forfaitaire : ce qu’elle contient, ce qui la distingue du BPU et du DQE, et comment la remplir sans fragiliser son offre.

Lecture : 9 minMis à jour le 18 septembre 2026Professionnels du BTP

Réponse directe

Qu’est-ce qu’une DPGF ?

La DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire, détaille poste par poste la formation du prix forfaitaire proposé pour un marché de travaux. Chaque ligne porte un ouvrage, une unité, une quantité, un prix unitaire et un montant. Elle permet au maître d’ouvrage de comparer les offres et de suivre les paiements, et elle engage l’entreprise sur un montant global : une quantité erronée reste à sa charge, sauf modification du marché.

Définition

Ce qu’est une DPGF, en une phrase et en pratique

La décomposition du prix global et forfaitaire est le document qui explique la formation d’un prix forfaitaire. L’entreprise ne se contente pas d’annoncer un montant pour l’ensemble des travaux : elle montre comment ce montant se répartit entre les ouvrages, les lots techniques, les installations et les prestations annexes du marché.

Elle répond à un besoin simple du maître d’ouvrage : comprendre ce qu’il achète, comparer des offres entre elles sur une base lisible, et disposer d’une référence pour le suivi financier du chantier. Pour l’entreprise, elle sert de colonne vertébrale au chiffrage, puis au paiement, puisque les situations de travaux s’appuient généralement sur son avancement.

La DPGF ne vit jamais seule. Elle se lit avec le CCTP qui prescrit les ouvrages, avec les plans qui les localisent et les dimensionnent, et avec le CCAP qui fixe les conditions de délai, de paiement et de révision. Une décomposition cohérente est une décomposition qui se raccroche à ces pièces.

  1. 1.1Un prix global engagé pour un périmètre défini
  2. 1.2Une répartition par poste lisible et comparable
  3. 1.3Une base de référence pour les situations et le solde
  4. 1.4Un document à lire avec le CCTP, les plans et le CCAP

Structure

Ce que contient une DPGF, colonne par colonne

La forme varie d’un maître d’œuvre à l’autre, mais la logique reste la même : chaque ligne doit identifier un ouvrage, dire en quelle unité il se mesure, en quelle quantité, à quel prix unitaire, pour quel montant. La hiérarchie des chapitres reprend en général le découpage du CCTP, ce qui facilite le rapprochement entre prescription et prix.

Les postes qui ne correspondent pas à un ouvrage visible méritent une attention particulière : installation et repli de chantier, études et plans d’exécution, échafaudages, protections, nettoyage, compte prorata, essais et dossier des ouvrages exécutés. Ils portent un coût réel et sont souvent la source des écarts entre offres.

Une DPGF exploitable reste stable dans ses libellés et ses unités. Un libellé qui recouvre plusieurs obligations techniques rend le contrôle difficile et fragilise l’entreprise le jour où il faut démontrer ce qui était inclus dans le prix.

  1. 2.1Numéro et hiérarchie du poste, alignés sur le CCTP
  2. 2.2Libellé de l’ouvrage, précis et non ambigu
  3. 2.3Unité de mesure : m², ml, m³, u, kg, forfait
  4. 2.4Quantité, et son origine : plan, métré ou quantité imposée
  5. 2.5Prix unitaire hors taxes, puis montant de la ligne
  6. 2.6Totaux par chapitre, total général, TVA applicable

Point de vigilance : une unité mal choisie fausse toute la ligne. Un ouvrage linéaire chiffré au mètre carré, ou un forfait employé là où la quantité varie, produit un écart qui n’apparaît qu’au moment de l’exécution.

Ne pas confondre

DPGF, BPU, DQE et devis : quatre documents différents

La confusion la plus fréquente porte sur la nature du prix. Avec une DPGF, le prix est forfaitaire : l’entreprise s’engage sur un montant pour un périmètre, et une erreur de quantité reste en principe à sa charge. Avec un BPU, le prix est unitaire : ce sont les quantités réellement exécutées qui déterminent la dépense, et le risque de quantité se déplace vers le maître d’ouvrage.

Le DQE occupe une place intermédiaire. Il chiffre des quantités estimatives, souvent identiques pour tous les candidats, afin de classer les offres sur une base commune. Sa valeur contractuelle doit être vérifiée au cas par cas : dans plusieurs consultations, il sert uniquement au jugement des offres.

Le devis, enfin, est le document commercial de l’entreprise vers son client. Il peut reprendre la structure d’une DPGF, mais il n’obéit pas au cadre imposé par une consultation et n’a pas le même rôle contractuel dans un marché public.

  1. 3.1DPGF : prix global forfaitaire, décomposé par poste
  2. 3.2BPU : prix à l’unité, sans engagement de quantité
  3. 3.3DQE : quantités estimatives, souvent pour comparer les offres
  4. 3.4Devis : proposition commerciale de l’entreprise au client

Exemple chiffré

Un extrait de DPGF lu ligne par ligne

Prenons un lot peinture dans un logement. Le CCTP prescrit une peinture acrylique en deux couches sur murs et plafonds, après préparation des supports. Le plan donne une pièce de 4,20 m sur 3,10 m, sous une hauteur de 2,50 m, avec une porte et une fenêtre.

La surface de sol ressort à 13,02 m². Le périmètre atteint 14,60 m, ce qui donne 36,50 m² de murs bruts avant déduction. En retirant environ 1,68 m² pour la porte et 1,80 m² pour la fenêtre, la surface de murs à peindre s’établit autour de 33,02 m². Le plafond reprend la surface de sol.

La DPGF traduit ce raisonnement en trois lignes : préparation des supports, peinture des murs, peinture du plafond. Chaque ligne porte son unité, sa quantité et son prix unitaire. Si l’une des quantités est fausse, l’erreur reste supportée par l’entreprise puisque le prix est forfaitaire : d’où l’importance de conserver la trace du calcul qui a produit chaque quantité.

  1. 4.1Préparation des supports : 46,04 m², murs et plafond réunis
  2. 4.2Peinture murs deux couches : 33,02 m²
  3. 4.3Peinture plafond deux couches : 13,02 m²
  4. 4.4Chaque quantité reste rattachée à son plan et à son calcul

Point de vigilance : les surfaces de cet exemple sont données pour illustrer la méthode. Les déductions d’ouvertures, les retours de tableaux et les sujétions dépendent des règles de métré retenues par le marché.

Méthode

Remplir une DPGF sans fragiliser son offre

Commencez par vérifier ce que la consultation autorise. Certains cadres doivent être renvoyés à l’identique, sans ligne ajoutée ni libellé modifié. Ajouter un poste dans un cadre verrouillé peut rendre l’offre irrégulière, alors que ne pas chiffrer une prestation prescrite crée un risque financier à l’exécution.

Rapprochez ensuite chaque prescription du CCTP d’une ligne identifiable. Quand une prestation technique ne trouve pas de ligne, deux situations coexistent : elle est implicitement incluse dans un poste plus large, ou elle a été oubliée par le cadre. La distinction se fait par une question écrite pendant la consultation, pas par une hypothèse silencieuse.

Terminez par les postes invisibles sur les plans mais bien réels dans le prix : installation, échafaudages, protections, études, nettoyage, réception et levée des réserves. Ce sont eux qui expliquent la plupart des écarts entre une offre gagnée et une offre exécutée à perte.

  1. 5.1Vérifier si le cadre peut être complété ou doit rester intact
  2. 5.2Associer chaque prescription du CCTP à une ligne de prix
  3. 5.3Documenter l’origine de chaque quantité
  4. 5.4Chiffrer les prestations indirectes et les sujétions
  5. 5.5Poser les questions pendant la période de consultation
  6. 5.6Conserver les hypothèses retenues avec l’offre

Avant de remettre

Les contrôles qui évitent les mauvaises surprises

Un dernier passage sur la décomposition permet de récupérer les erreurs les plus coûteuses. Les totaux doivent boucler, les unités doivent rester cohérentes, et le montant reporté sur l’acte d’engagement doit correspondre exactement au total de la DPGF.

Contrôlez aussi la cohérence entre les quantités portées et les plans. Un écart important sur un poste structurant mérite une vérification avant la remise plutôt qu’une découverte au premier mois de chantier, lorsque le prix est déjà engagé.

  1. 6.1Total de la DPGF identique au montant de l’acte d’engagement
  2. 6.2Sous-totaux de chapitre qui bouclent sans arrondi caché
  3. 6.3Unités et quantités cohérentes avec les plans et le CCTP
  4. 6.4Aucune ligne à zéro ou laissée vide sans explication
  5. 6.5Prestations indirectes effectivement chiffrées
  6. 6.6Hypothèses et questions consignées avec l’offre

Point de vigilance : ce guide décrit une méthode de travail. Il ne remplace ni la lecture du règlement de la consultation, ni un avis juridique lorsque la valeur contractuelle d’une pièce est en jeu.

Appliquer la méthode avec Euclide

Importez le cadre de DPGF, complétez les quantités et les prix, contrôlez les totaux et exportez la décomposition prête à remettre.

Questions fréquentes

Ce qu’il faut retenir

Qu’est-ce qu’une DPGF ?

DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. C’est le document qui détaille, poste par poste, comment se compose le prix forfaitaire proposé par une entreprise pour un marché de travaux. Elle transforme un montant unique en une suite de lignes chiffrées que le maître d’ouvrage peut lire, comparer et contrôler.

Quelle est la différence entre un CCTP et une DPGF ?

Le CCTP décrit ce qui doit être réalisé : ouvrages, matériaux, performances, tolérances et limites de prestation. La DPGF exprime combien cela coûte, en répartissant le prix forfaitaire par poste. Le CCTP porte la prescription technique, la DPGF porte la décomposition financière. Les deux doivent se correspondre ligne à ligne.

Quelle est la différence entre le BPU et la DPGF ?

Le BPU, bordereau de prix unitaires, fixe un prix par unité d’ouvrage sans engager une quantité : la dépense dépend des quantités réellement exécutées. La DPGF accompagne un prix global et forfaitaire : les quantités sont portées par l’entreprise et le montant total est dû quelle que soit la quantité finalement posée, sauf modification du marché.

Quelle est la différence entre le DQE et la DPGF ?

Le DQE, détail quantitatif estimatif, sert surtout à comparer les offres à quantités identiques, souvent sur la base d’un BPU et de quantités fournies par le maître d’ouvrage. Il n’est pas toujours contractuel. La DPGF décompose un prix forfaitaire réellement engagé. Le règlement de la consultation indique la valeur donnée à chaque document.

Qui remplit la DPGF ?

Le plus souvent, le maître d’œuvre fournit un cadre de DPGF avec les postes attendus, et l’entreprise candidate le complète avec ses quantités et ses prix. Certaines consultations laissent l’entreprise construire elle-même la décomposition. Le cadre remis ne doit pas être modifié sans y être autorisé par le règlement de la consultation.

La DPGF est-elle un document contractuel ?

Cela dépend du marché. La liste et l’ordre de priorité des pièces contractuelles figurent au CCAP ou à l’acte d’engagement. Quand la DPGF est contractuelle, ses lignes servent de référence pour les situations de travaux, les avenants et le règlement des comptes. Il faut donc vérifier ce point avant de la remplir.